Coalescence ou Róofoo
1. Définition¶
Le mot coalescence vient du latin coalescere — co- (ensemble) + alescere (grandir, se développer). C'est un processus où des éléments séparés ou distincts se combinent pour former un tout unique.
- Physique et Chimie : En physique et en chimie, la coalescence se réfère souvent à l'union de gouttelettes de liquide pour former une gouttelette plus grande.
- Biologie : En biologie, la coalescence peut décrire le processus par lequel des cellules ou des structures biologiques se fusionnent. Par exemple, la coalescence de cellules peut se produire dans la cicatrisation des plaies ou dans la formation de certains types de tissus.
- Informatique et Réseaux : Dans les réseaux informatiques, la coalescence peut se référer à l'agrégation de paquets de données pour améliorer l'efficacité de la transmission.
- Géologie: des roches qui se soudent sous pression
- Linguistique: Cela correspond à la notion de liaison
2. Règle de liaison¶
Dans cette section, nous allons aborder la notion de coalescence qui vous aidera à comprendre la formation des mots dérivés wolof. La coalescence en wolof se produit par la fusion de voyelles, que l'on peut traduire par "róofoo" en wolof. En effet, à l'oral, lors des liaisons, les transformations suivantes ont tendance à se produire:
Exemples
- Kumba ak Astu (à l'écrit) devient "Kumbaak Astu" (à l'oral sous forme contractée).
- Ñéeme aka dëggu (à l'écrit) devient "Ñéemeeka dëggu" (à l'oral).
- Ummi ak Daba devient Ummeek Daba.
- Loxo ak tànk devient Loxook tànk.
- Faatu a ngi nii devient Faatoo ngi nii.
De ces exemples, découlent les règles de liaison / contraction suivantes:
- A + A = AA
- E + A = EE
- I + A = EE
- O + A = OO
- U + A = OO
- U + E = oo
NB
A l’écrit, AK, ne s’attache jamais à rien tout comme les noms propres. Cependant, il est permis de le faire en poésie wolof pour des raisons de rimes dans les vers.
3. Une petite intro aux suffixes wolof¶
J’en profite pour introduire quelques suffixes wolof (pour plus de détails, voir le chapitre 3). Cela vous permettra de comprendre la dérivation d’autres verbes ou mots de la même famille.
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Suffixe -al: Un suffixe verbalisant (1) qui, ajouté à un nom, permet de former un verbe. Ici, il s’agit un suffixe qui de plus est causatif(2).
- doole (force) ⇒ doole + al: dooleel (rendre fort)
- yéex (être lent) ⇒ yéexal (retarder)
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Suffixe -al peut aussi être un suffixe verbalisant associatif(3):
- jënd: acheter jëndal: acheter pour qqu/qqch
- wut: chercher wutal: chercher pour qqu/qqch
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Suffixe -am: suffixe de possessif (4)
- kër (maison) + am këram (sa maison)
- loxo (main) + am loxoom (sa main)
En parlant de liaison et de suffixes, il y a des suffixes bien définis en wolof pour la conjugaison (Jàllarbi). Dans les temps de conjugaison wolof (qu'on verra au chapitre 3), dàq-teew, dàq-jamtal(5) et fomm(6), les règles mentionnées précédemment, avec les suffixes wolof connus, permettent de déduire l’écriture des mots:
- fase (répudier) fase+ aguma= faseeguma (au dàq-jamtal)
- faseeguma ko = je ne l’ai pas encore répudiée
- nuyu (saluer) nuyu + atuma = nuyootuma (au fomm)
- nuyootuma ko: je ne le salue plus
Suffixes du négatif
Les suffixes ag et at sont des suffixes du négatif.
- ag (ne pas) encore
- at (ne) plus
- Un suffixe verbalisant est un suffixe ajouté à un mot (souvent un nom ou un adjectif) pour créer un verbe. Cela existe en français; c’est l’exemple de -iser:
- moderne moderniser
- théorie théoriser
- Un suffixe causatif est un affixe qui ajouté à une base verbale permet d’indiquer que le sujet cause une action ou un état chez un autre participant.
- En français on peut utiliser “faire + verbe” (faire tomber la vase) pour exprimer le causatif
- En anglais par make + verbe (make him swim) ou aussi have + object + past participle (We are having the kitchen renovated)
- Un suffixe associatif est un suffixe qui, lorsqu' ajouté à un verbe, indique que l'action est réalisée pour quelqu'un d'autre ou au bénéfice d'une autre personne.
- Au singulier le possessif s’exprime de la manière suivante:
- sama kër (ma maison)
- sa kër (ta maison)
- kër + am (sa maison)
- samay kër (mes maisons)
- say kër (tes maisons)
- ay këram (ses maisons)
- dàq = négation; jamtal \= ??. Je n’ai pas encore trouver une bonne traduction de dàq-jamtal
- fomm = Suspendre
4. Précisions sur le “a” et le "i"¶
Dans cette section, nous allons apporter quelques précisions sur un élément qui a tendance à induire des fautes orthographiques et c’est toujours en lien avec la coalescence. Quelques exemples:
Incorrect
Faatoo ubbi bunt bi (à l'oral)
Correct
Faatu a ubbi bunt bi
- Rappelez-vous que les noms propres ne s’attachent à rien. Le
oovient de la règle de liaisonoo = u + a.
Incorrect
Amee ko yónni (à l'oral)
Correct
Ami a ko yónni ( i + a = ee )
- "a" peut jouer le rôle d’élément de liaison.
Dans ce cas, "a" apparaît entre 2 verbes (jëf) ou adjectifs (tolluwaay ou melo (apparence)) et peut parfois s’apparenter à un élément emphatique
- Kinne daa bëgg a rooti Kiné veut aller puiser de l’eau
- Sant naa bu baax a baax je suis vraiment reconnaissant
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Kuur gu gàtt a gàtt la Un pilon trop court
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"a" comme substitut de moo
- Xale bi mer a ko tax a dem / Xale bi mer moo ko tax a dem Il est parti à cause de son état de colère.
- Musaa sedd a / moo ko tax a sàngu Moussa s’est coulé un bain (chaud) à cause du froid
-
Ñom de bëggante a / moo tax ñu boole leen Ils s’aiment et c’est pour cette raison qu’on les a réunis
A retenir...
Chaque fois que “a” peut être remplacé par “moo” sans changer le sens de la phrase, il faut écrire “a” séparé des mots qui l'entourent.
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“i” comme substitut (kuutlaay) ** de “ay”**
- Kër gi am na ay xar ak ay bëy Kër gi am na ay xar ak i bëy
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Móodu yóbbu na ay soxnaam ak ay doomam Móodu yóbbu na ay soxnaam ak i doomam
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Astu a ngi fuddan ay waaraamam Astu a ngi fuddan i waaraamam(1)
A retenir...
Chaque fois que "i" peut être remplacé par "ay" sans changer le sens de la phrase, il faut écrire "i" séparé des mots qui l'entourent.
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Waaraam est le pluriel de Baaraam (doigt). Nous verrons le singulier (Bennaleef) et le pluriel (Barileef) (cf. chapitre 2). Une petite préfiguration (foreshadowing). Considérez les exemples suivants:
- bët b- (oeil) gët y- (yeux) au pluriel
- bëñ b- (dent) gëñ y-
- loxo b- yoxo y-
- baat b- (mot) waat y- (mots)
- baaraam b- (doigt) waaraam y- (doigts).
Vous pouvez en déduire déjà des règles de passage du singulier au pluriel !!!